Que sont devenus vos animaux, M. Disney?
- Mar 3, 2015
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Depuis l’époque de La Fontaine en passant par Disney, les auteurs se sont abondamment servis des animaux pour parler des comportements humains. Dans la cigale et la fourmi, la fourmi ayant économisé sa nourriture se fait prévoyante tandis que la cigale qui a chanté tout l’été est frivole. Par le biais des contes, les enfants apprennent des leçons de morale servant à leur éducation. Walt Disney, le maître de l’anthropomorphisme, associait un caractère particulier à chaque animal, ce qui le dispensait de décrire chaque personnage: la souris est modeste tandis que le renard est rusé, le chat paresseux.
Si vous avez des enfants en bas âge, vous avez sans doute regardé quelques nouveaux films d’animation. Avez-vous été surpris par leur contenu? Dans notre collection, nous avons les films de Disney mais également de nouveaux titres tels que Madagascar ou Opération Noisette. En allant d’un long métrage des années ’40 à un film récent, nous pouvons voir à quel point l’utilisation des animaux pour parler des humains est révélatrice de notre époque. Par exemple, dans Madagascar, le lion n’est plus majestueux comme il l’était auparavant mais a subi une transformation qui l’apparente à un newyorkais névrosé! Les animaux, dans l’ensemble, sont tous agités, ont le regard fou et deviennent agressifs à la moindre contrariété.
D’un film à l’autre, les scénarios se ressemblent tous ; les humains sont ligués contre les animaux et vice versa dans des scènes belliqueuses : poursuites, batailles, explosions, engueulades et tutti quanti. On est en droit de se demander : ce cinéma est-il conçu pour des enfants ou des adultes? Ces films se veulent un révélateur inconscient de la violence dans le monde mais voulons-nous nourrir l’imaginaire de nos enfants avec ceci? Au risque de paraître dépassée : où sont donc les valeurs d’entraide d’un Dumbo ou d’un Bambi? La société est-elle devenue complètement exempte de ces valeurs?
Le monde de l’animation pour enfant a perdu quelques plumes depuis Cendrillon et ses gentilles souris. Les animaux ne sont plus les porteurs d’une morale mais illustrent la folie dans le monde. Certes, ces films demeurent un divertissement redoutable mais voulons-nous transmettre à nos enfants une vision d’un monde sans pitié ou d’un monde qui apprend à s’entraider, à s’aimer?
Pourquoi se contenter de longs métrages pétaradants quand nous pouvons regarder de petits bijoux comme « Ernest et Clémentine » qui font une place honorable aux animaux en nous prodiguant de belles leçons de vie?
Autres films à voir et à revoir: « La prophétie des grenouilles » de Girerd, « Mon ami Totoro » de Miyazaki, « La légende de Sarila » de Savard, « Le renard et l’enfant » de Jacquet.
Les Cailles du Lac Masson


























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